Situation


Le conflit armé, long de plus de 50 ans, a provoqué selon Amnesty International le déplacement forcé de plus de six millions de personnes et l’acquisition illégale de 8 millions d’hectares.

Un accord de paix entre le gouvernement et le mouvement de guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a été ratifié par le Congrès en 2016. Toutefois, le nombre d’homicides de défenseurs des droits humains, dont des responsables de communautés indigènes, afro-colombiennes ou paysannes, a augmenté (52 défenseurs tués au cours des neuf premiers mois de 2016 2)

A Magangue, l’organisation locale Atucsara poursuit son travail depuis plus de 11 ans auprès des populations déplacées. Son but: permettre aux personnes déplacées de recréer un réseau social organisé, de revendiquer leurs droits, d’assurer leurs besoins élémentaires.

Située au bord du fleuve Magdalena dans le département de Bolívar, cette ville est la plus grande de la province après Carthagène, avec 240’000 habitants et plus de 20’000 personnes déplacées. Pauvreté et inégalités sociales, mais surtout violence et manque d’infrastructures publiques sont les principales problématiques identifiées. Les jeunes en particulier souffrent du manque d’espaces culturels adéquats et du manque de perspectives au niveau de l’emploi. Ils sont une proie privilégiée pour l’enrôlement par les bandes de micro-trafic dans des activités illégales.

Devenu fléau urbain, le trafic de drogue à petite échelle fait que dans certains quartiers la drogue est proposée devant les écoles et collèges. A Magangue les sites de micro-trafic sont nombreux.

Depuis décembre 2004 Atucsara compte avec l’appui de Vivere dans le volet nutritionnel, puis dans la lutte contre l’exploitation sexuelle commerciale des enfants et adolescents. En 2016, nous avons poursuivi notre collaboration portant sur la nutrition ; ce soutien est intégré au projet global d’accompagnement et de réinsertion des populations déplacées, qu’Atucsara mène en collaboration avec l’association vaudoise amie « des artistes pour des enfants » devenue « Catlelya ». Ce projet se développe au sein de quatre communautés vulnérables et travaille spécialement auprès de femmes, de jeunes et d’enfants.

Objectifs


Assistance nutritionnelle aux enfants particulièrement vulnérables parmi les populations déplacées, quartiers de Nueva Colombia, Yati, La Peña et Santa Fe

160 enfants à risque bénéficient d’un repas par jour à la cantine, et 175 enfants d’une collation renforcée

Partenaire : ass. Atucsara

Réalisations


Les deux cantines scolaires, gérées de manière autonome par les associations de femmes implantées dans les centres communautaires à Yati et Nueva Colombia, ont permis d’améliorer l’état nutritionnel de 160 enfants. Ceci a contribué également à améliorer leurs résultats scolaires et leur a permis de participer aux activités du projet, dont danse, sport, éducation aux valeurs. Cette évolution favorable se fait à petits pas car le repas reçu à la cantine constitue en fait l’alimentation de base pour un bon nombre d’enfants.

Le complément nutritionnel a pu bénéficier, comme prévu, à 175 enfants de Santa Fe et de la Peña, en plus des apports offerts lors de séances de sensibilisation, danse et musique. A signaler la participation active et engagée des jeunes promoteurs à côté des femmes responsables du volet nutritionnel. Les cantines et centres communautaires sont en faite un vivier de jeunes leaders.

Ces actions ont pu être menées malgré la situation sécuritaire précaire et les difficultés quotidiennes auxquelles les bénéficiaires et l’équipe d’Atucsara sont confrontés, y compris des menaces et des agressions.