Situation


L’accord de paix a mis fin à un conflit qui a duré plus d’un demi-siècle, a fait plus de 260’000 morts, plus de 60’000 disparus et quelque 7,4 millions de déplacés internes. Néanmoins la violence persiste envers les défenseurs des droits humains et responsables de communautés indigènes[1] et [2]. Dans le cadre de l’accord de paix un « système de justice, de vérité, de réparation et de non-répétition », comprenant une juridiction spéciale pour la paix a été mis en place. [3]

A Magangué, l’organisation Atucsara travaille auprès des populations déplacées. Son but: permettre aux personnes déplacées de recréer un réseau social organisé, de revendiquer leurs droits, d’assurer leurs besoins élémentaires. Avec la création d’une école pour la paix, Atucsara travaille aussi très activement avec la communauté pour la réussite de ce processus. Située au Nord du pays, au bord du fleuve Magdalena, cette ville est la plus grande de la province après Carthagène, et compte un grand nombre de personnes déplacées. Pauvreté et inégalités sociales, mais surtout violence et manque d’infrastructures publiques sont les principales problématiques identifiées. Les jeunes sont une proie privilégiée pour l’enrôlement par les bandes de micro-trafic dans des activités illégales. Ces données n’ont pas changé à Magangué, où les sites de micro-trafic restent nombreux.

Depuis décembre 2004 Atucsara compte avec l’appui de Vivere dans le volet nutritionnel. Ce soutien est intégré au projet global d’accompagnement de la communauté qu’Atucsara mène avec l’appui de l’association amie CATLEYA. En 2017 ce projet se développe au sein de 5 communautés vulnérables. A Yati et Nueva Colombia, les activités ont été menées durant 10 ans par Atucsara, la main est laissée maintenant aux moniteurs et femmes promotrices, en maintenant encadrement et formation continue. A Santa Fe et La Peña les actions ont démarré il y a 3 ans ; les moniteurs assument un rôle de coordination dans les activités pour enfants. Barranca Yuca est un nouveau quartier d’intervention. L’école et les jeunes de ce quartier portent les activités de développement. Les jeunes mettent en œuvre des stratégies d’intégration et de participation citoyenne leur permettant de prévenir l’influence des gangs, la délinquance et le micro-trafic dans leur communauté. Les enfants ayant bénéficié des cantines dès le début du projet sont aujourd’hui de jeunes leaders et travaillent activement à l’école pour la Paix.

[1] Colombie : 105 défenseurs des droits assassinés en 2017, selon l’ONU

[2] Colombie 2017/2018 | Amnesty International

[3] En Colombie, la justice spéciale pour la paix voit le jour – Le Monde

Objectifs


Assistance nutritionnelle aux enfants particulièrement vulnérables quartiers de Nueva Colombia, Yati, La Peña, Santa Fe et Barranca Yuca.

170 enfants à risque bénéficient d’un repas par jour à la cantine, et 70 enfants d’une collation renforcée.

Partenaire : ass. Atucsara

Réalisations


Quatre cantines scolaires gérées par les associations de femmes dans les centres communautaires -Yati et Nueva Colombia- ou hébergées dans la maison d’une femme du quartier – La Peña et Barranca Yuca, cette dernière ouverte en mars 2017. Le complément nutritionnel a pu bénéficier aux enfants de Santa Fe et aux participants aux séances de sensibilisation, danse et musique.

Les enfants de 5 -14 ans ont amélioré leur état nutritionnel : sur 180 bénéficiaires de l’appui nutritionnel des cantines, 155 ont atteint un poids normal. Ils ont pu participer aux activités du projet, dont renforcement scolaire, danse, sport, éducation aux valeurs et 170 d’entre eux ont amélioré leurs résultats scolaires.
Ces actions sont toujours menées dans une situation sécuritaire précaire (les jeunes, la communauté et l’équipe d’Atucsara étant toujours confrontés au risque de violence, menaces et des agressions) et en absence d’implication de l’État mais avec un investissement grandissant de la part de la communauté.