sauvegarde de personnes risquant la mort par une discrimination inacceptable

v i v e r e

 

Chères Amies et chers Amis,

 

Iran

 

Pour tenter de sauver des mineurs délinquants condamnés à mort par le régime de Téhéran, 24 organisations de défense des droits humains, dont la nôtre, ont cosigné un communiqué de presse le 8 juillet 08. Le texte est en attaché.

 

 

Lutte contre le trafic des êtres humains

 

  1. Emma Garcia a effectué une mission en Moldavie du 30 juin au 6 juillet, auprès de l’organisation partenaire Compasiune, que Vivere soutient depuis 2004.

Avec Elizabeth Ponce, déléguée de Vivere, ce fut l’occasion de faire un point d’ensemble sur l’évolution des actions sur le terrain et de participer à l’évaluation annuelle du projet de Clinique modèle pour la surveillance et l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive des jeunes des villages de Costesti, Molesti et Hansca. La seconde volée des jeunes volontaires formés pour participer eux-mêmes à l’éducation et la sensibilisation de leurs pairs ont fêté leur réussite; cela fait un total de 130 jeunes filles & garçons diplômés depuis le début du programme.

Par ailleurs l’action menée durant l’hiver dernier en faveur de personnes âgées sans aucune ressource a été évaluée comme ayant été littéralement vitale ; l’équipe de Compasiune a été fort sensible à la contribution de Vivere.

 

  1. Mike Hoffman a assuré une mission en Ouzbékistan puis dans un pays du Golfe persique, du 10 au 19 juin.

Tachkent : évaluation du travail dans le pays par notre partenaire l’association Istiqbolli Avlod, dirigée par NodiraKarimova. L’action porte essentiellement sur la prévention du trafic des êtres humains et la gestion d’une maison d’accueil pour victimes rapatriées, la prévention des maladies sexuellement transmissibles, et l’assistance aux femmes prostituées. En résumé le travail d’ Istiqbolli Avlod sur ces fronts est indiscutablement remarquable.

Nodira s’est ensuite jointe à Mike pour effectuer la 10ème mission de Vivere dans un pays du Golfe persique (que nous devons cesser de citer en clair dans les publications, pour raisons de sécurité). Durant cette semaine de travail :

–          15 victimes du trafic actuellement incarcérées ont été visitées en prison et seront aidées d’une manière ou de l’autre pour regagner leur pays d’origine.

–          2 victimes Ouzbeks, retrouvées clandestinement, ont pu être rapatriées avec Nodira après que nous ayons effectué toutes les démarches légales, à vitesse grand V.  Sur la photo attachée ici vous voyez Nodira Karimova (à gauche) avec l’une de ces jeunes femmes alors que nous venions de la changer de ville aux fins de protection et en attendant le vol de rapatriement.

–          Divers contacts ont été poursuivis ou pris pour consolider notre projet Protection et assistance aux victimes de trafic d’Êtres Humains et compléter le dossier de demande de financement pour une durée de 3 ans.

 

 

Sud Kivu, République démocratique du Congo.

 

La présence de 18’000 casques bleus dans la région où Vivere s’investit depuis quatre ans, tout comme les promesses de la conférence nationale de pacification tenue à Goma en janvier 08, ne changent quasi rien du tout aux violences quotidiennes qui continuent dedéferler sur la population civile. Nous recevons chaque semaine une ou plusieurs alertes dénonçant des crimes abominables commis généralement par des hommes en uniforme. A titre d’exemple nous reproduisons ci-dessous l’enquête résumée par l’un de nos partenaires, Maître Delphin Subea, sur un massacre perpétré trois semaines en arrière. Si éprouvante puisse en être la lecture, il nous faut savoir la réalité de ce qui se passe; l’épouvante et la douleur qu’inspire une telle atrocité radicalisent la détermination de notre mouvement dans son combat contre l’impunité, entre autres avec l’organisation des tribunaux itinérants pour mettre les coupables devant la rigueur de la justice et le soutien aux militants du terrain qui mènent ces investigations souvent au péril de leur propre vie.

 

Avec nos salutations amicales,

le comité de Vivere

 

 

CENTRE CHRETIEN D’ACTIONS AUX DROITS DE L’HOMME

14, Avenue Mwenga, Uvira, Sud-Kivu, R.D.Congo.

Tél. 🙁 +243(0)813551608, via B.P 1852 Bujumbura-Burundi.

E-Mail:cadho_congo@yahoo.fr

 

 

MASSACRE DE QUATRE PERSONNES DANS LES HAUTS PLATEAUX D’ITOMBWE EN TERRITOIRE DE MWENGA, AU SUD-KIVU

 

Malgré les multiples efforts déployés depuis le début de cette année pour ramener la paix et la sécurité dans la province du Sud-Kivu, les populations de hauts plateaux d’Itombwe n’ont  pas encore tiré les dividendes de laborieuses tractations et de nombreuses  résolutions de la conférence de Goma de janvier dernier sur  la paix, la sécurité et le développement dans les deux provinces du Sud- Kivu et Nord-Kivu. Dans ce coin du pays, la population vit dans état permanent de psychose engendré surtout par la présence de groupes armés jusqu’à présent réfractaires au brassage au sein des forces armées congolaises (FRF, Gominos, Mai-Mai, etc) d’une part et les troupes intégrées du gouvernement d’autre part. Les atteintes aux droits humains sont les plus récurrentes (viols, extorsions, arrestations arbitraires, détentions illégales, atteintes à l’intégrité physique…) sur lesquelles se greffe l’impunité des présumés responsables de ces actes.

 

L’enlèvement et l’assassinat  de quatre personnes dans cette zone sont  illustratifs du climat d’insécurité qui y prévaut. En date du lundi 23 juin 2008, Madame Lea Malanda, aide accoucheuse au Centre Hospitalier de Mikenge munie de sa feuille de route, accompagnée de Madame Ngena Hélène,  épouse de Monsieur Ebulatcha Ngulumina, agent au Centre Hospitalier de Mikenge, avec ses deux enfants du sexe masculin âgés respectivement de 9 mois et de 7 ans, ont quitté la localité de Kanguli  vers Mikenge au retour d’une  cérémonie de mariage de leurs frères.

 

Aux dires des membres de la  famille des victimes, les quatre personnes sont passées dans la journée  du 23 juin 2008 à la barrière des Fardc située à  l’endroit appelé communément Point Zéro vers Mikenge.  Du Point zéro jusqu’à Rusankuku sous contrôle des troupes intégrées des Fardc commandées par le Capitaine  Abel, on estime environ 8 km.

Le 23 juin, un agent de l’Ong ACTED a rapporté à la famille à Mikenge  la nouvelle selon laquelle  les quatre personnes avaient effectivement quitté  Kanguli vers Mikenge car il les a aperçues  vers 10 heures entre Point Zéro et Rusankuku. Une délégation des membres de la famille sera envoyée à Kanguli le 24 juin via le Point Zéro pour s’enquérir de la situation.

 

Les recherches ont débuté pour localiser la destination de ces personnes.

 

En date du samedi 28 juin 2008, après multiples recherches, les corps de ces quatre personnes seront découverts vers 14 heures  à  plus ou moins 1 km de Rusankuku en direction de Point zéro, dans la forêt dans un endroit presqu’inaccessible situé à droite de la route Rusankuku_-Point zéro. L’endroit du drame se trouve à 30 – 40 mètres de la route.

Selon les constats faits par une équipe médicale dépêchée sur les lieux  en date du 29 juin, les corps ont été trouvés dans un état de décomposition avancée à  environ 30 m du côté droit de la route en provenance de Mikenge vers Point Zéro et  a trouvé un panier renversé avec des cossettes de manioc sec, un sachet de farine (foufou), une culotte jaune, un mouchoir de tête noir, un soulier plastic jaune et du sang déjà coagulé. A 10 m de ces objets, l’équipe a encore trouvé le corps  de Ngena  Hélène, âgée de 36 ans, qui était en position de décubitus dorsal, les deux jambes légèrement écartées, la partie inférieure du corps nue, gardant partiellement sa blouse relevée au niveau des seins, avec un pagne fermé autour de la plaie abdominale, souillé du sang coagulé, les bras liés derrière la nuque avec son mouchoir de tête.

Au niveau de l’abdomen, une plaie transversale, linéaire  d’environ 20 cm de longueur, laissant les intestins à nu. Au niveau de l’appareil génital, des lésions traumatiques visibles. Au niveau du thorax, une plaie transfixiante punctiforme au sein droit  et une plaie punctiforme sur la ligne axillaire droite à environ 10 cm de l’aisselle.

A environ 2 m de ce premier corps à gauche, les corps de deux enfants, l’un nommé Yakobo de 7 ans complètement habillé qui était en position de  décubitus ventral sur le sol avec une plaie punctiforme à 3 cm de la base du cou sur la face latérale gauche ; l’autre nommé Freddy de 9 mois sans culotte mais gardait encore sa chemisette, qui était en position de décubitus dorsal sur le sol aussi avec une plaie punctiforme au même endroit que le premier enfant.

A environ 1m de deux corps des enfants, en bas et à droite,  le corps de l’aide accoucheuse nommée Lea Malanda, âgée de 60 ans, fortement déshabillée, blouse complètement entrouverte et partieinférieure totalement nue, ventre ballonné, les jambes écartées et en position de décubitus dorsal. Au niveau du dos, plaies punctiformes de deux côtés à environ 2 cm du sommet inférieur triangulaire des 2 omoplates. L’appareil génital comportait des lésions traumatiques identiques à celles de la première dame.

 

Au regard de ce qui précède :

–         L’Association CADHO est indignée par ce massacre de civils innocents et condamne avec la dernière énergie ces tueries qui se sont réalisées avec une extrême horreur  à l’endroit de personnes sans défense ;

–         Elle recommande la mise sur pied dans le meilleur délai d’une commission d’enquête indépendante pour établir les responsabilités parmi les différents acteurs présents dans cette zone ;

–         Elle interpelle, en outre, lesautorités politico-administratives et militaires de la province du Sud-Kivu à faire de la sécurité des populations de cette région une de leurs principales priorités ;

–         Elle interpelle la Mission de l’Organisation des Nations Unies (MONUC), représentée dans la contrée par les casques bleus pakistanais, à s’impliquer davantage pour la protection des civils dans cette partie de la province.

 

Fait à Uvira, le 05 juillet 2008.

 

Le Secrétariat Exécutif