Chères et chers Amis,

 

1°      Assemblée générale de Vivere le vendredi 4 avril 2011, Lausanne, 19h00 : nous vous prions de bien vouloir réserver sur votre agenda ce temps fort de la vie de notre association. Les documents d’activités et des finances vous parviendront dans les prochaines semaines. Nous espérons de nombreux participant-e-s.

 

2°      Lutte contre le trafic des êtres humains : parmi les dizaines de victimes assistées chaque mois par notre programme dans la région du Golfe Persique, certaines acceptent de raconter l’histoire de l’abus et de l’exploitation qu’elles ont subi. Voici la traduction d’un de ces récits :

 

Saodat vient d’une famille Ouzbek pauvre, et a été mariée à l’âge de 20 ans. Son mari s’est mis à boire, et à vendre toutes leurs affaires pour s’acheter de l’alcool. Elle a du divorcer et retourner vivre chez ses parents. Un soir, en rentrant de la garderie où elle travaillait, elle va dans un café avec des amies. Deux femmes inconnues ont rejoint le groupe, et leur ont expliqué qu’il était possible d’avoir un emploi bien rémunéré à l’étranger. Alors que ses amies ont refusé cette offre, Saodat a donné son numéro de téléphone à l’une des inconnues. Deux semaines plus tard, cette femme l’a appelé en lui offrant un job pour garder des enfants, payé $ 800 par mois. Elle accepta.

Après avoir reçu le billet d’avion et être arrivée dans la ville de S… (dans un Etat du Golfe, ndlr), elle fut accueillie par Guli à l’aéroport, qui lui expliqua qu’elle aurait à s’occuper de son enfant de 2 ans. Lors du trajet vers l’appartement, Guli lui prit son passeport. Un jour plus tard, lorsque Guli lui révéla ce que son vrai ‘travail’ allait être, Saodat refusa tout net et demanda qu’on lui rende son passeport. En guise de réponse, Guli l’enferma à clef dans une chambre. Saodat entama une grève de la faim mais au bout de 6 semaines Guli la battit violemment en disant qu’elle ne serait libérée qu’après avoir remboursé sa ‘dette’ de $ 15’000, pour les frais de voyage et de visa. Saodat ne vit pas d’autre choix que d’accepter. Après un an et demi d’exploitation sexuelle, elle réussit à rembourser sa ‘dette’ mais alors Guli lui ordonna d’acheter un collier et un bracelet en or comme cadeau pour sa patronne. C’est alors que Saodat réalisa que Guli lui avait toujours menti, et qu’elle ne la libérerait jamais. Par l’intermédiaire d’un ‘client’, Saodat réussit à prévenir l’une de ses amies qui avait épousé un autochtone. Elles allèrent toutes deux chez Guli en menaçant de la dénoncer à la police. C’est seulement à ce moment que Guli libéra sa captive. Peu après, Saodat fut arrêtée lors d’une rafle de la police. Elle resta plus d’un mois dans la maison d’arrêt des services de Migration. Nos différentes interventions ont finalement abouti à sa libération puis à son rapatriement en Ouzbékistan. Avec l’aide de l’avocat de notre organisation, Saodat a eu le courage de porter plainte contre ceux qui l’avaient trompée et exploitée. Au moment présent, elle attend d’être appelée pour témoigner devant le tribunal.

 

3°      Assistance aux victimes d’actes de barbarie au Sud Kivu, RdC. Parmi les multiples informations et relevés précis contenus dans ses documents d’activité, notre partenaire FFD, organisation féminine du territoire de Fizi, fait état de 462 nouvellesvictimes identifiées et assistées au cours de l’année 2010.

Ci-après sont reproduits 2 comptes-rendus d’agressions, tels que résumés par nos amis qui –rappelons-le- ne sont pas de langue maternelle française.

 

– RECIT DE MADAME F… M.. (MAISON FFD DE BARAKA)

Age : 35 ans       Sexe : F         Etat civil : mariée, 4 enfants        Profession : Cultivatrice

Lieu d’agression : au champ     Date d’agression : 22/6/2010      Auteur : Deux militaires armés de AK47.

Date d’accueil : 14/10/2010

Qualification de fait : abus aux droits humains

 

La jeune femme était ensemble avec sa famille pendant la nuit, après quelques instants ils entendirent les tirs de balles, on va les apprendre par un voisin, qu’il s’agissait d’un affrontement entre les miliciens Maî-maî et les soldats de la FARDC/Amani leo. A l’issu de cet affrontement, il y a eu deux soldats morts chez les FARDC. La famille était allé en cachette dans une brousse proche du village. Quand les soldats des forces armées congolaises ont réussi à repousser ces miliciens, ils étaient maintenant éparpillés un peu partout en guise des patrouilles. A un certain moment, deux soldats les ont aperçu où étaient en cachette et les surprirent immédiatement, ils les obligèrent de ne pas bouger, puis s’en attaquèrent de la jeune femme après l’avoir tiré dans une brousse près d’un champ et ils la violèrent tous deux à tour de rôle, trois heures durant.

Après avoir terminé leur soif sexuelle, ils l’abandonnèrent seule et prirent une direction inconnue.

Quelques minutes après leur départ, la victime se leva du sol et s’en alla lentement à la maison.

Arrivée à la maison, elle relata le drame à son mari qui, l’achemina vers le centre de santé de Sebele.

Deux mois après, sa situation de santé se dégrada davantage, puis son mari décida de voir les assistants de la maison d’accueil FFD de Baraka quand ils étaient en mission de sensibilisation à Sebele. Ces derniers l’ont récupérée jusqu’à l’hôpital de Baraka (MSF), où elle a trouvé des soins quand même dignes.

 

 

– RECIT DE Mme P… P… (Maison FFD de MALINDE)

Sexe : F        Age : 31 ans       Etat civil : mariée, 6 enfants        Profession : cultivatrice, résidente à KASAKA

Lieud’agression : En brousse     Date d’incident : 02/04/2010     Auteur : Un militaire de la  FARDC/Amani leo porteur d’une arme AK47

Date d’accueil : 26 /11/2010

Qualification de fait : Violation des droits humains.

 

Après l’affrontement des éléments de la Fardc contre les éléments Maïmaï à Nemba, la population a pris fuite dans la brousse. Quand les militaires de la Fardc faisaient les patrouilles en brousse, un militaire trouva cette femme cachée et soudain, il intima l’ordre à la femme de se coucher au sol. Effrayée par la férocité du militaire, la jeune femme se coucha et l’homme la viola pendant deux heures.

Lors qu’il eut disparu de l’endroit du drame vers un milieu inconnu, la victime rentra chez elle, le cœur battant et se précipita pour relater le drame à son mari. Celui-ci regretta aussi tôt l’acte barbare, s’empressa de l’amener la même nuit vers le centre de santé.

Trois mois plus tard, son état allait de mal en pire et son mari décida de l’amener en suite à la maison d’écoute FFD pour y avoir quelques conseils. En tout cas, les assistants l’orientèrent vers la maison mère de la FFD/BARAKA et delà elle fut transférée à l’hôpital de PANZI et actuellement elle est entrain d’y bénéficier des soins appropriés.

 

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Nous vous remercions de votre attention sur ces affaires qui sont au cœur du mandat du mouvement, de votre mouvement.

 

Le comité de Vivere