Chères et chers Amis,

 

Ci-après deux dépêches d’actualité.

 

La première concerne l’Est du Congo (RdC), précisément la région où Vivere et ses partenaires concentrent leur travail depuis 4 ans. Ces nouvelles replongent dans l’anxiété de la reprise des hostilités dévastatrices qui éprouvent ces populations depuis dix ans. (la mise en italiques d’un passage du texte est de notre main).

 

La seconde concerne la Suisse de plus près, en lien avec la lutte contre le trafic des êtres humains à l’occasion du ‘Mundial’. Nous devons être vigilants à ce que l’optimisme affiché par les politiques ne soit pas démenti dans les faits.

 

Avec nos meilleures salutations,

 

Vivere

 

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RDC : les groupes enrôlent lesmêmes… et recommencent

article de Déo Namujimbo

15 mai 2008 – Dans le Sud-Kivu, à l’est de la RDC, la tension monte à nouveau de jour en jour. Les jeunes désertent les villages, les écoles se vident à vue d’œil, les armes menacent de ressortir des cachettes. Il y a trois semaines, l’abbé Malu-Malu, coordinateur de la Conférence de paix et sécurité a fait le déplacement pour essayer de calmer les gens et d’appeler tout le monde à la retenue.

Au début de l’année scolaire en septembre 2007, l’école secondaire de Kabamba, à 42 km au nord de Bukavu, comptait 954 élèves. Sept mois plus tard, elle n’en compte plus que le tiers, les autres ayant préféré se ranger aux côtés des soldats du bataillon local des Forces armées de la RDC (Fardc) pour qui ils travaillent aux champs, lavent le linge, font la cuisine, coupent le bois. « A cela plusieurs raisons, explique un enseignant anonyme. Non seulement, les parents ont du mal à payer les études à leurs enfants mais aussi la misère généralisée ne permet pas aux enfants de se concentrer en classe ». Pour le catéchiste Alexandre (nom fictif), l’explication est à chercher ailleurs : « Il ne faut pas négliger l’influence sur leurs petits camarades des ex-enfants soldats qui ont goûté à la vie facile que leur procuraient les armes, ni les promesses fallacieuses des seigneurs de guerre ».

A Baraka, territoire de Fizi, 264 km plus au sud, le motif de la crainte des habitants se situe ailleurs. Selon eux, les jeunes désertent tout simplement en masse les villages pour rejoindre les Maï-Maï et lesmaquisards burundais du Front national de libération (Fnl) sur la presqu’île d’Ubwari, au milieu du lac Tanganika, dans les brousses du Burundi ou encore dans la forêt de Rukoko, non loin d’Uvira, d’où les FNL lanceraient leurs attaques de ces dernières semaines contre les forces de Bujumbura. Dans les Hauts-Plateaux de Minembwe par contre, des centaines de jeunes banyamulenge (Tutsi congolais) auraient disparu ces derniers mois après avoir vendu leurs vaches, sous prétexte qu’ils s’exilaient eu Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. En réalité, selon desobservateurs des organismes des Nations Unies, ils sont allés en rejoindre des milliers d’autres regroupés dans des camps de réfugiés au Rwanda, d’où ils partent régulièrement pour le Nord-Kivu regonfler les troupes du Conseil national pour la démocratie et la paix (CNDP) du Général dissident Laurent Nkunda.

La misère pousse à tout

Pour essayer de calmer les populations, l’abbé Apollinaire Malu-Malu, président de la Commission électorale indépendante (CEI) et coordinateur de la Commission Amani mise en place pour faire le suivi des Actes d’engagement de Goma fin janvier dernier, a du faire le tour de presque toute la province pour sensibiliser les anciens groupes armés de respecter leurs promesses et engagements en enjoignant leurs hommes de rejoindre les centres de brassage ou de démobilisation. « Tout cela est bien beau, conclut un enseignant peu optimiste. Il leur a fixé un ultimatum de deux semaines sans préciser ce qu’il adviendra de ceux qui refuseront de s’exécuter. Rien ne changera tant que l’Etat ne tiendra pas ses promesses de scolariser les enfants et de s’occuper sérieusement du bien-être social des parents et des fonctionnaires ».

En attendant, l’incertitude et la peur du lendemain se lisent sur tous les visages. D’autant que ces jeunes sont fréquemment associés à des embuscades tendues par l’armée régulière et les différentes milices sur les routes, notamment les récentes attaques contre des convois d’organisations internationales humanitaires.

 

 

Résumé des décisions de la séance du 14 mai 2008 du Conseil d’Etat de Vaud

 

Pas de risque d’augmentation de la prostitution dans le cadre de l’Euro 2008

Le Conseil d’Etat a répondu à une interpellation du député Stéphane Montangero sur le risque d’augmentation de la prostitution dans le cadre de l’Euro 08. Il rappelle tout d’abord que l’expérience du Mundial en Allemagne permet de constater qu’il n’y a pas eu d’augmentation particulière de la prostitution. Le Conseil d’Etat renseigne également le député sur la prise en compte des cas de traite d’êtres humains sur les plans du suivi pénal, leur statut en droit des étrangers, la coopération entre l’Etat et les centres de conseil spécialisé ainsi que la spécialisation de ses collaborateurs.

DSE, Arnold Poot, Police cantonale, 021 644 85 82